Programme PS

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Priorité aux ressources humaines et au bien-être des militaire

Les objectifs du PS en matière de Défense tant au niveau belge, européen qu’international supposent une véritable prise en compte et amélioration de la gestion des ressources humaines au sein du personnel civil et militaire de la Défense.

Il s’agit d’atteindre l’objectif d’une armée rajeunie et d’une pyramide des âges saine tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Cet objectif n’est atteignable qu’en ayant des objectifs ambitieux en termes de politique des ressources humaines afin de susciter davantage de vocations auprès de nouvelles recrues motivées mais aussi et surtout de maintenir les militaires au sein de la Défense à moyen et long terme.

Pour le PS, il est dès lors essentiel de prendre en compte le bien être du personnel, tant en opération que lorsqu’ils sont de retour dans leur vie familiale, pour assurer la pérennité de la fonction régalienne qu’est la Défense.

Le départ des jeunes recrues de la Défense a atteint des records sous cette législature. Il est vrai que les mesures prises par le gouvernement MR N-VA ne favorisent pas l’apparition de vocations chez les jeunes : allongement de sept années de la carrière de militaire, coupes budgétaires massives, fermetures annoncées de casernes et donc éloignement géographique et difficultés familiales, nombre de missions à l’étranger réduit actuellement à un plancher historique, engagement exclusif des soldats sous le statut à durée limitée, remise en cause des missions d’aide à la population, etc.

Pourtant, au vu de la diversité des fonctions, la Défense doit être selon le PS un acteur majeur de formation et de développement personnel pour les jeunes intéressés par une carrière au sein de celle-ci. Même si la vision stratégique de l’actuel gouvernement prévoit une diminution des effectifs, une politique de recrutement qualitative et quantitative de jeunes est indispensable pour garantir le caractère opérationnel des unités. Une politique proactive au plus proche des bassins d’emploi de notre pays s’impose donc, en tenant pleinement compte de la lutte contre toutes les discriminations.

Cette politique doit être menée pour l’ensemble des grades et des fonctions que compte notre armée tant via la formation en caserne qu’au sein de l’École royale militaire ou de l’École royale des sous-officiers qui constituent de formidables instruments de formation et sont de véritables ascenseurs sociaux.

La prise en compte de la particularité et de la pénibilité du métier de militaire doit être un impératif tout au long de sa carrière. Il s’agit dès lors de renforcer la concertation sociale en impliquant pleinement les syndicats militaires.

L’accompagnement médical et psychosocial des membres du personnel et de leurs familles est crucial pendant et après les opérations, ce qui fait trop souvent défaut aujourd’hui.

Dans ce cadre, le PS propose de :

  • Mener une politique de ressources humaines proactive tant pour susciter des vocations que pour lutter contre l’attrition et pour assurer la qualité de vie y compris familiale des militaires. Une politique moderne en la matière doit être menée dans les différents bassins actuels d’emploi en collaboration avec les agences régionales d’emploi. Une telle politique doit permettre de s’adresser à de nouveaux publics susceptibles d’être intéressés par la large panoplie de formations qu’offre la Défense et à l’ascenseur social qu’elle peut constituer. Les zones dépourvues d’une forte présence de la Défense comme la Région de Bruxelles-Capitale ou le Hainaut ne doivent pas être laissées de côté. Par ailleurs, une véritable politique familiale doit être menée pour lutter contre l’attrition des jeunes recrues avec par exemple une prise en compte des trajets domicile-travail ou la création et le développement de crèches dans les quartiers militaires. En ce sens, une meilleure communication interne s’impose. Enfin, il s’agit également de développer des possibilités de reconversions pour les militaires qui le souhaitent notamment vers d’autres administrations publiques où ils peuvent apporter leur expertise ;

  • Mener une approche plus spécifique des ressources humaines pour attirer et garder des profils de fonction très spécifiques et essentiels à l’avenir des missions de l’armée par exemple dans le domaine cyber ou médical ;

  • Encourager et promouvoir la politique de diversité à l’armée et faire de la lutte contre toutes les discriminations une priorité au sein de la Défense tant en termes de genres, d’origine que d’orientation sexuelle. Il s’agit notamment de mettre en place, en concertation avec les offices régionaux d’emploi, des procédures de recrutements volontaristes et modernes en ce compris vers de nouveaux publics. Dans ce cadre, une attention particulière doit également être portée au recrutement des femmes pour une meilleure représentation pour l’ensemble des grades ;

  • Continuer de faire de l’équilibre linguistique un point essentiel de la politique d’engagement et de promotion au sein de la Défense ;

  • Mettre fin à l’engagement exclusif des soldats sous le statut à durée déterminée. La fin totale de la stabilité de l’emploi – par un recours exclusif au statut à durée déterminée (BDL) – pour les nouveaux soldats telle que pratiquée actuellement renforce l’attrition que connait la Défense. Il s’agit d’offrir à ceux qui le désirent le choix du type de statut qu’ils désirent ainsi que la possibilité d’un passage vers le cadre de carrière normal au sein de la Défense ainsi que d’évaluer la possibilité pour les militaires qui le souhaitent de rejoindre la fonction publique au sein d’autres services publics fédéraux par exemple par une plus grande collaboration avec le SELOR ou la police notamment ;

  • Limiter au maximum l’externalisation des services et maintenir l’expertise au sein de l’armée. Le gouvernement MR N-VA a prévu une externalisation coûteuse et massive – donc une privatisation – de nombreuses tâches au sein de la Défense. Il s’agit d’une politique problématique tant sur le plan budgétaire, humain que sécuritaire ;

  • Rendre effective une version adaptée aux réalités de l’armée des programmes Erasmus et Bologne civils afin de favoriser chez les jeunes militaires européens la collaboration, les passerelles, les compétences communes et les langues mais également la mise en place d’un véritable « socle commun » de formation favorisant les échanges et les compatibilités notamment dans le cadre d’opérations menées sur l’égide de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne ou de l’OTAN ;

  • Proposer davantage d’opérations, d’exercices et d’entrainements à l’étranger aux militaires. Cela aura un effet bénéfique sur l’attractivité de la Défense comme employeur et contribuera à la motivation du personnel en place ;

  • Renforcer le rôle d’ascenseur social de l’École royale militaire rendu possible notamment par l’excellence de sa formation, de son expertise académique et de la diversité de ses fonctions ;

  • Assurer un meilleur suivi médical interne des militaires et mener une évaluation complète des dispositifs actuels en matière de suivi psycho-social des militaires déployés en opérations, les améliorer et les rendre systématiques au retour de missions et assurer la pérennité de la composante médicale et de ses installations. Cette expertise doit être développée au sein même de la Défense, en donnant les moyens nécessaires à la composante médicale qui reste indispensable pour assurer le déploiement de nos militaires dans des conditions optimales. Pour le PS, il est évident d’assurer l’avenir tant de la composante médicale de notre Défense que de l’hôpital militaire Reine Astrid et de la pharmacie militaire située à Nivelles, en les considérant comme des prérequis indispensables tant à la projection à l’étranger de nos militaires qu’au bien-être et à la santé de ceux-ci ;

  • Moderniser les quartiers militaires de manière durable, notamment en termes d’isolation afin d’offrir des conditions de travail optimales au personnel civil et militaire. La Défense est un important propriétaire – et donc acteur – terrien et immobilier via ses différents sites et bâtiments militaires. Il est donc essentiel qu’elle se montre exemplaire dans une gestion durable et respectueuse de l’environnement en collaboration avec les autorités publiques concernées. Une réflexion doit également être menée afin d’encourager les militaires à utiliser la mobilité douce dans leurs déplacements domicile-travail.

    • Priorité à l’opérationnalité, au multilatéralisme et à la résolution durable des conflits

L’opérationnalité de notre armée est notre priorité. Elle doit se baser sur le volontarisme européen de la Belgique mais aussi sur une Défense qui accorde une importance centrale aux ressources humaines et à la formation.

Cette présence en opérations menées sous l’égide de l’ONU, de l’Union européenne ou de l’OTAN devra impliquer pleinement le Parlement dans un processus rendu plus transparent.

La Défense belge doit résolument s’inscrire dans la recherche de la paix durable où une plus-value réelle à son action se justifie.

Il s’agit d’un processus long impliquant une approche globale et un cadre multilatéral impératif. La logique d’une intervention en « cavalier seul » n’est pas envisageable.

Le PS considère que l’usage de la force ne peut être qu’un dernier recours en matière de relations internationales. Si ce recours à la force peut parfois s’imposer à court terme, seules des solutions politico-diplomatiques et socio-économiques de développement peuvent être la solution d’une pacification durable à long terme. Le recours aux capacités de la Défense doit dès lors toujours être vu comme un élément d’une solution globale de résolution d’un conflit impliquant notamment la coopération au développement et la diplomatie (approche 3D-LO).

En temps de paix, le PS estime que le rôle de la Défense devrait être focalisé sur l’aide logistique aux pays en difficulté ou en reconstruction. C’est ainsi que le PS demande que les missions de la Défense en matière par exemple de déminage, d’aide urgente en cas de catastrophe naturelle ou de formation de militaires étrangers soient prioritaires. Toutefois, l’aide ainsi apportée ne peut l’être qu’à des régimes démocratiques et respectueux des droits de l’Homme.

Dans ce cadre, le PS propose de :

  • Inscrire toutes les interventions militaires belges strictement dans un cadre onusien et dans une approche globale joignant développement et diplomatie. La résolution des conflits mondiaux passe par un renforcement du multilatéralisme. Cela revient à privilégier, même en cas de crise, les actions de prévention, de dialogue et de diplomatie à tous les niveaux. De ce point de vue, face à l’interventionnisme de l’OTAN, le rôle fondamental de l’ONU doit être privilégié. Au niveau belge, une concertation permanente entre les départements de la Défense, la Coopération au développement et les Affaires étrangères doit être menée dans la définition des politiques notamment en matière de reconstruction post-conflits afin d’assurer une paix durable et la cohérence des politiques en faveur du développement.

Les projets tels que développés par le passé en République démocratique du Congo, au Bénin ou en Tunisie mais également en matière de déminage doivent être encouragés de même que la formation continue de troupes étrangères dans un cadre strict. Il s’agit notamment de développer plus de partenariats entre la Défense et la Coopération belge au développement vis-à-vis de nos pays partenaires.

La poursuite de cursus de stagiaires issus par exemple des pays partenaires de la coopération au développement au sein de l’Ecole royale doit continuer à être encouragée ;

  • Revoir l’article 167 de la Constitution afin d’instaurer un meilleur contrôle parlementaire des opérations à l’étranger de l’armée belge. Toute intervention des forces militaires à l’extérieur du territoire national devrait désormais faire l’objet d’une approbation parlementaire préalable, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Notre pays est d’ailleurs généralement classé comme ayant un contrôle « faible » en la matière. Une démocratie parlementaire ne peut faire l’impasse d’un débat complet avant, pendant et après une intervention militaire. Une telle approbation rendue constitutionnellement obligatoire permettrait de mieux définir le cadre précis d’une opération par exemple en termes de durée, de nature ou de périmètre géographique ;

  • Assurer une plus grande transparence des missions militaires belges à l’étranger vis-à-vis du grand public. Il est essentiel de publier clairement sur le site de la Défense le plan public des opérations militaires de l’année à venir, reprenant par exemple le nombre de militaires déployés, la durée, la localisation et le coût des opérations et exercices tout en garantissant évidemment la sécurité de nos militaires ;

  • Plaider pour que la Belgique emprunte la voie du multilatéralisme pour atteindre, conformément aux objectifs du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, un désarmement nucléaire mondial. Les socialistes plaident pour que la Belgique emprunte la voie du multilatéralisme, en ce compris au sein de l’OTAN, pour atteindre un désarmement nucléaire mondial. Pour le PS, ce n’est qu’au travers d’un tel processus le territoire pourra être libéré de la présence d’armes nucléaires ;

  • Militer dans les forums internationaux afin de parvenir à une interdiction mondiale de l’utilisation de robots tueurs et de drones armés totalement automatisés. La Défense belge ne pourra jamais acquérir, développer ou déployer des robots tueurs dans le cadre d’opérations militaires ;

  • Réaliser les investissements nécessaires pour l’ensemble des composantes – Terre, Air, Mer et Médicale – en les intégrants dans des synergies européennes et une compatibilité parfaite avec les autres armées européennes. Plusieurs dossiers majeurs d’achats de matériels, pour plus de 9 milliards d’euros, ont été lancés sous ce gouvernement MR N-VA mais seront entièrement à charge budgétairement des prochaines législatures. Ces dossiers devraient être réexaminés sous l’angle de synergies européennes et industrielles sur le plan civilo-miliaire afin notamment de dégager des gains d’efficiences mais aussi des économies d’échelle. L’augmentation du budget de la sécurité ne peut être compensée sur les politiques sociales par exemple. Dès lors, la solution budgétaire au niveau de la Défense se doit d’être européenne. Tout doit être fait pour atteindre un niveau d’efficience supérieur à celui d’aujourd’hui par la mutualisation des forces et des synergies entre les États européens réellement volontaristes ;

  • Concrétiser les recommandations de la commission d’enquête parlementaire concernant les attentats terroristes relatives au Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS) et en faire un service à part entière travaillant de pair avec les renseignements civils. L’importance d’un service de renseignements militaires ayant les moyens – budgétaires et humains – de remplir les missions cruciales qui sont les siennes n’est plus à démontrer à l’heure où les ingérences de forces étrangères dans l’organisation des élections par exemple sont devenues monnaie courante. Ces nouvelles menaces demandent aux États de droit de s’armer sur de nouveaux champs de bataille comme le cyber. Les renseignements militaires doivent dès lors devenir une « composante » en tant que telle de notre armée parallèlement aux quatre autres. La spécificité des renseignements militaires doit être sauvegardée et se justifie pleinement. Cependant, le SGRS doit se recentrer sur son core business à savoir le renseignement purement militaire – intérieur et extérieur mais aussi cyber. Certaines de ses tâches civiles devraient être données à la Sûreté de l’État pour plus de cohérence et éviter les confusions. Le PS estime qu’une réflexion doit être menée afin d’intégrer pleinement le bataillon ISTAR (intelligence, surveillance, target acquisition and reconnaissance) au sein du SGRS plutôt qu’il ne reste un satellite au sein de la composante Terre qui échappe à tout contrôle malgré l’importance des moyens dont il dispose. Tout cela va de pair avec une collaboration structurelle avec la Sûreté de l’État que ce soit en termes d’échanges d’informations, de pratiques, de politiques de personnel et de bases de données. Un bâtiment de travail commun à ces différents services serait également chose utile.

Priorité à l’avènement d’une Défense européenne

L’avènement à terme d’une véritable « Défense européenne » tant sur le plan humain, stratégique qu’industriel doit être une priorité de la construction européenne.

Comme socialistes, nous appelons à une Défense européenne plus poussée et communautaire. Elle pourrait s’inscrire dans le cadre d’une Europe concentrique. Il faut permettre l’émergence d’une réelle stratégie européenne en matière de Défense dans le cadre d’une approche globale joignant diplomatie et développement et avec toujours comme objectif le maintien de la paix, le respect du droit international et la protection des droits humains.

Pour le PS, la voix et les positions de l’Europe doivent être renforcées au sein de l’OTAN dont le rôle a également changé et évolué notamment au regard du contexte international mouvant.

Sur le plan international, la Belgique devra poursuivre et renforcer son engagement pour une Défense européenne, afin de permettre l’émergence d’une réelle stratégie européenne.

Ce lien avec l’OTAN pourrait, en outre, être assuré notamment par l’Agence européenne de défense (AED) et par le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi qu’au travers d’un partenariat UE-OTAN renforcé.

La base industrielle et technologique de la Défense européenne, créatrice d'emplois et riche d'un savoir-faire innovant dans lequel de nombreuses entreprises belges et particulièrement wallonnes et bruxelloises excellent, doit être consolidée.

En outre, cette coopération européenne doit également continuer à encourager les économies d’échelle et l’achat commun de matériel militaire européen et ainsi favoriser encore un peu plus un socle commun de formation des militaires à l’échelle européenne et la compatibilité totale du matériel qui fait défaut aujourd’hui.

Il ne faut pas dépenser plus mais dépenser mieux à l’échelle européenne. Le montant cumulé des budgets de défense des états membres de l’UE atteint 200 milliards d’euros. Ce montant ferait de l’Union européenne la deuxième puissance militaire mondiale, tant par les effectifs (les militaires européens d’active sont 1,5 million) que budgétairement. Malheureusement, par manque de cohésion et de collaboration à l’échelle du continent, beaucoup de ces moyens sont aujourd’hui mal utilisés.

Cette collaboration doit permettre un regain d’efficacité de nos investissements et dégager des moyens pour répondre aux défis tant sécuritaires que budgétaires qui s’imposent à nos différents États.

C’est pourquoi, le PS propose de :

  • Porter au niveau européen une rationalisation des structures existantes, par exemple, en rendant pleinement opérationnelle une structure européenne d’état-major, en optimalisant les quartiers généraux européens et en désignant des attachés militaires au sein des délégations de l’Union européenne ; 

  • Optimaliser le système européen de suivi et de transparence des opérations militaires et de leur financement, en veillant à mieux y associer le Parlement européen et les parlements nationaux ; 

  • Rendre effective la mise en œuvre et en action d’une force européenne de réaction rapide tant en cas de catastrophes sur le territoire de l’Union (sur un modèle multidisciplinaire comme B-Fast) que de situations internationales le nécessitant dans un cadre strict ;

  • Inscrire pleinement et autant que possible la Défense belge et l’ensemble de ses décisions stratégiques et de ses investissements au sein notamment de la PESCO et du fonds européen de la Défense ;

  • Développer une véritable collaboration entre les personnels, soldats et étudiants militaires des États-membres par la mise en place d’un véritable « socle commun » (un « Erasmus militaire ») de formation ;

  • Renforcer et privilégier des collaborations avec les États membres de l’Union européenne pour les investissements militaires et associer pleinement le SPF Économie et les entités fédérées afin d’analyser les conséquences potentielles pour l’économie, les universités et les entreprises belges.

 3. Priorité à un lien société civile-armée renouvelé et renforcé

Par la fermeture de casernes ou par une volonté affichée de rendre payants certains services fournis par la Défense notamment aux autorités publiques, le lien nation-armée a été mis à mal ces dernières années.

Cette coupure n’est pas souhaitable car elle a des conséquences négatives sur l’image de la Défense mais aussi, à plus long terme, sur le recrutement.

Pour le PS, il s’agit de poursuivre et d’encourager l’engagement de la Défense nationale en faveur des valeurs démocratiques, de paix et du développement de la citoyenneté en s’ouvrant pleinement aux jeunes et aux écoles le désirant par de nouvelles initiatives.

La Défense est en mesure d’accomplir de nombreuses tâches au service de la nation, de la population ou de la communauté internationale comme le prouve chaque jour l’hôpital militaire, le prêt de matériel à des camps de jeunesses ou la mise à disposition de casernes dans le cadre du plan « grand froid ». Ces missions doivent rester gratuites pour la population et les autorités publiques lorsque ces capacités ne sont pas utilisées.

Dans ce cadre, le PS propose de :

  • Développer les activités à destination des jeunes intéressés. La Défense doit continuer à inviter les jeunes aux événements publics, shows aériens, marches, journées portes ouvertes et manifestations qu’elle organise. Les visites de casernes et d’installations ainsi que du Musée royal de l’Armée par les écoles doivent être encouragées par une meilleure communication vis-à-vis du milieu scolaire, des mouvements de jeunesse ou sportifs. La location à prix modique de matériel, par exemple, doit également être proposée à ce type de public.

De nouvelles initiatives en la matière sont toutefois nécessaires. La Défense doit faire preuve d’un intérêt spécifique pour la jeunesse et doit favoriser l’interaction armée-nation et le développement d’un esprit de citoyenneté. De bonnes initiatives avaient été prises notamment par le statut de l’engagement volontaire militaire (EVMI) ou les stages jeunes de la Défense, qui offrent aux jeunes de 16 à 20 ans de nationalité belge la possibilité de se familiariser avec la vie militaire. Ces stages sont hélas largement méconnus et le statut EVMI, qui s’adresse plus particulièrement aux jeunes en difficulté sur le marché de l’emploi, n’a qu’un succès très (trop) limité.

Il convient de réévaluer ces dispositifs et de les faire connaître aux jeunes ainsi que les différentes facettes de l’armée en Belgique. Il s’agit également de permettre à la Défense d’offrir aux jeunes des formations d’utilité sociale ;

  • Mettre en place, en concertation avec les Communautés et la Croix Rouge, des formations aux premiers secours sur une base volontaire, adressées aux jeunes de 16 à 24 ans et prévoir un budget additionnel à cette fin. L’expertise de la Défense et l’ouverture de ses infrastructures pour de telles formations lui permettraient de se faire connaître. Des initiatives en ce sens pourraient être prises par le corps enseignant ou universitaire en lien avec les Communautés ;

  • Faire du travail de mémoire et du développement de la citoyenneté des priorités à part entière de la Défense nationale en pleine collaboration avec les entités fédérées. Il faut développer un plan stratégique pour le Musée royal de l’Armée et ses antennes régionales, en tant qu’institutions fédérales, qui permette la mise en valeur de ses riches collections et de notre patrimoine national. Il s’agit de mener à bien les travaux du MRA afin de répondre aux besoins criants de modernisation de celui-ci et de maintenir un accès le plus large et gratuit possible au public en portant une attention particulière vis-à-vis du monde scolaire et du tourisme en collaboration avec la Région de Bruxelles-Capitale.

Au-delà du MRA, et en partenariat avec les communes, il s’agira d’assurer un meilleur suivi de l’entretien des symboles majeurs de cette mémoire afin de remédier à certains manquements quant à la maintenance de lieux concernés, mais aussi de lutter contre le vandalisme.

 4. Priorité à une aide à la population et à la société civile repensée

Le concept d’ « aide à la nation » couvre de nombreuses tâches et fonctions non militaires, structurelles ou non, de la Défense belge qui sont à comprendre de plus en plus dans un contexte large à l’échelon européen voire international.

Ces tâches sont, par définition, multidisciplinaires et multidépartementales au niveau des autorités civiles et des différents bras de l’action de l’État comme l’exemple de B-Fast l’illustre pleinement.

La population belge compte sur une aide humanitaire coordonnée en cas de catastrophe ou de crise sur son territoire (terrorisme, inondations, tempêtes, risques technologiques, etc.). La Belgique se caractérise aussi par une concentration de différents points sensibles, comme des sites nucléaires et la présence importante d’organisations internationales hautement stratégiques tels que le siège de l’Otan, le Shape, ou le Conseil, la Commission et le Parlement de l’Union européenne.

Dans un tel contexte, l’importance de la Défense, de son expertise et de sa palette de missions sont indéniables.

De telles missions doivent cependant s’exécuter lorsque les capacités civiles sont dépassées ou insuffisantes. Celles-ci ne doivent pas non plus s’exercer au détriment des opérations à l’étranger de l’armée qui sont et doivent rester son core business.

Ces tâches d’aide à la population peuvent être vues comme un moyen pour l’armée de renforcer le lien entre la population et l’armée et peuvent mettre en valeur la solidarité nationale, européenne et internationale de la Belgique via un personnel entraîné à de tels déploiements rapides et qui dispose de la logistique nécessaire.

Au niveau national, la recherche de synergies au niveau des moyens de l’Etat – civils et militaires – est indispensable à l’heure où les budgets alloués aux zones de secours ou à la protection civile sont sous pression. Une plus grande intégration structurelle entre la protection civile et les missions d’aide à la nation de la Défense pourrait être étudiée tant d’un point de vue des formations, des plans d’urgence que des achats de matériels afin notamment d’éviter des temps d’intervention trop longs en cas de catastrophes.

Au niveau européen et international, une parfaite collaboration de la Défense au sein de B-Fast, voire à terme d’un « EU-Fast », s’impose avec les autres SPF concernés.

Dans ce cadre, le PS propose de :

  • Encourager la Défense à rechercher des synergies avec les services publics compétents dans les différents domaines d’intervention afin d’assurer la coordination des formations, des entraînements et de l’achat de matériels compatibles ;

  • Donner aux tâches dites d’aide à la nation toute l’importance qui doit leur revenir et en faire, parallèlement aux opérations à l’étranger, l’une des missions principales de la Défense belge en temps de paix ;

  • Rechercher des synergies européennes en matière d’aide à la nation afin de faire face, de manière optimale, à différentes situations de force majeure comme des catastrophes transfrontalières, dans un esprit de solidarité intra-européenne ;

Assurer la pérennité de B-Fast et la place de la Défense dans ce cadre dans une approche multi-départementale

 

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Mots-clés: syndicat,, militaire,, élections

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